dimanche 2 juin 2013

Teamstaffel (relais en équipe)

Qui aurait cru, au collège, que Dômeu et Mahällö se retrouveraient un jour chefs d'une équipe sportive ? 

On aurait seulement pu dire, à l'époque, que c'était pour eux la seule manière d'y être sélectionnés. Mais autrefois, voilà, ils n'en avaient pas envie, alors que là, faire trotter leurs collègues dans Tiergarten les motivait bien, à raison.


[Photos piquées sur le site de la course.]

Chaque année, SCC Events, la grosse machine derrière le marathon de Berlin ou son semi, organise trois soirées de courses en relais 5x5km dans le parc séparant notre demeure de la chancellerie. Mahällö, habile manipulatrice, a fait remarquer à Dômeu qu'il aiderait son intégration en créant une équipe avec ses collègues, comme elle le faisait - elle, sponsorisée par son employeur évidemment. Et ça a marché, chacun d'entre eux a recruté 4 coureurs au sein de son institut. Pour Mahällö, deux collègues s'étant mis à la course pour l'occasion ce qui est impressionnant, bravo à elles, et deux collègues inconnus bien gentils de s'ajouter au groupe. Pour Dômeu, une troupe internationale déjà assez en forme pour faire la boucle dans Tiergarten.

Entre temps, Mahällö a dû chercher un remplaçant pour elle-même (elle médite, comme pour l'alcool mais pour le sport, le sacro-saint know your limits), en la personne de son chef, et Dômeu un remplaçant pour un coureur qui avait pourtant un nom de guerrier, comme quoi.


Le jour J, le vendredi, Mahällö est grimpée sur son vélo depuis son bureau pour aller retirer les dossards de son équipe et de celle de Dômeu, toute guillerette. Elle a traversé Berlin sans encombre, mais une fois arrivée à la porte de Brandebourg, franchement pas loin du village de la course, la pluie, d'abord grêlée puis juste épaisse, s'est mise à tomber, transformant la cycliste en herbe en Bob l'éponge. Heureusement, une fois armée des deux enveloppes à puces et épingles à nourrice, elle a pu repasser à l'appart et effectuer une transformation Power Ranger après s'être tant bien que mal extirpée de son jean moulant transformé en prison par l'eau et ce alors qu'elle voulait, comme d'hab', aller aux toilettes. Bref, elle est ressortie en manteau de ski, pantalon de pluie et cape du semi-marathon de Paris (miraculeusement retrouvée), ça ne rigolait plus, et elle a prié pour une amélioration du temps pour les pauvres coureurs.

La pluie s'est calmée, devenant douce puis s'arrêtant au cours de la soirée. Pas de glandage sur l'herbe au soleil entre les boucles, soit, mais pas de douche permanente non plus, et la boue n'a fait tomber personne des deux équipes et laissé en paix les magnifiques lacets bleus d'une collègue de Mahällö. Les coureurs des deux équipes sont arrivés sans encombre au point de rdv, ont accroché leurs dossards, leurs puces pour le premier et le dernier (pas de mesure individuelle de temps), ont parlé aux coureurs d'avant et d'après pour se retrouver à temps au passage de relais, et pof c'était parti.


[Le passage de relais avait lieu de part et d'autre d'une barrière divisée selon les numéros de dossard, où chacun criait un nom ou brandissait un signe de reconnaissance.]

Les deux collègues novices de Mahällö étaient stressées, mais ont réussi à leur rythme la première course à pied de leur vie, le plus grand succès de la soirée. En attendant les uns et les autres les discussions allaient bon train autour du carton à pique-nique des organisateurs et de bière avec ou sans alcool. Dômeu était content de sa performance sans entraînement spécifique - il fait du vélo pour aller au boulot mais a sans réussi à aller plus vite que le chef de Mahällö, et surtout les deux chefs d'équipes étaient ravis de voir les 25km entièrement couverts à l'issue de la soirée. 


L'idée était de courir pour s'amuser, soit, mais Mahällö a appris sans déplaisir le lendemain que son équipe avait fait ses  boucles en 02:24:37 contre 02:25:54 pour celle de Dômeu, lalalalalèèèreuh. Deux arrivées assez synchrones quand même, qui leur ont permis d'enfourcher ensemble leurs vélos pour revenir au bercail, fiers de leurs petits coureurs.

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